fresque_75081 Questions de participation...

Derrière le mot de participation plusieurs sens coexistent qui s’organisent autour d’un axe qui oppose faire adhérer et coconstruire. A mon sens, participer signifie être pris en compte en tant qu’individu, avoir le pouvoir d’agir sur notre environnement et donc contribuer à penser et réaliser ce qui peut transformer nos réalités.

Tout un chacun a le droit de s’épanouir, de faire des choix et d’être reconnu. En tant que personne unique et singulière nous exerçons notre libre arbitre constamment. Quand il nous semble contraint, nous nous aménageons des marges de manœuvres nouvelles. Cette même liberté et autonomie doit être accessible aux personnes accueilles et accompagnées.

Cela ne peut donc se résumer à une série d’outils techniques ou à des procédures, tout comme la démocratie à l’échelle de la société ne peut se résumer à l’exercice du vote et au travail des élu.es.

La participation c’est d’abord reconnaitre l’autonomie des acteurs dans toutes les interactions. En conséquence, susciter la participation ne signifie pas seulement former des individus, les instruire, les animer, mais aussi, et peut-être surtout, se préparer à partager une part du pouvoir, de la puissance… 

Les injonctions à la participation se heurtent à la prise en charge, notre culture habituelle. Nous parlons spontanément « pour » et « sur » l’autre, que l’on voit en action sociale d’abord par le prisme de ses manques et de ses difficultés. La participation heurte les pratiques et les organisations du social et du médico-social parce qu’elle oblige à passer d’une prise en charge qui nous valorise en tant qu’aidant, à une prise en compte qui valorise les savoirs, les ressources et les compétences des personnes que l’on cherche à accompagner sur leur chemin.

En amont donc de la question des techniques et des outils, la priorité me semble être de partager le sens et l’éthique de la participation. Les questions de participation sont d'abord celles de la posture, d’aller à la rencontre de l’autre, de reconnaitre l’autre dans ses compétences et de valoriser les interstices, les marges et les flous ...